couverture du livre Marseille de Christian Garcin aux éditions L'arbre qui marche

« La langue à Marseille absorbe tout, comme un animal vivant. Elle est à l’image de la ville : poétique sans le savoir  »

couverture du livre Marseille de Christian Garcin aux éditions L'arbre qui marche
Christian Garcin

Marseille

Un guide à dévorer comme un roman
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Oubliez ce que vous pensez savoir de la ville, ses galéjades et sa joie de vivre. Derrière le Vieux-Port et les calanques se cache une autre ville, antique, austère et indocile. Ici, la mer est à l’ouest, le mistral glacial et la lumière coupante. Marseille aurait pu être une capitale, celle de la France ou de la Méditerranée, mais elle a choisi l’indiscipline et a été punie par l’histoire. Attirante sans chercher à plaire, elle est devenue le port d’attache de ceux qui n’en finissent plus de partir, et de revenir.

Christian Garcin a publié plus de 70 romans, essais et récits de voyages. Il a parcouru le monde du Japon à la Patagonie en passant par la Chine, la Mongolie, la Russie ou les Etats-Unis, mais n’avait jamais encore parlé de Marseille, sa ville natale où il rentre après chaque voyage.

Portrait dessiné de Christian Garcin auteur de MArseille aux éditions L'arbre qui marche

J’ai grandi dans le quartier d’Endoume, non loin de l’abbaye de Saint-Victor, tout près du Vieux-Port, dans une impasse goudronnée dont les habitants portaient des noms provençaux, italiens, arabes, espagnols. Les hivers étaient gris et les étés aveuglants de blancheur. Les couleurs de la Méditerranée, je ne les ai découvertes que plus tard, lorsque j’ai étudié l’histoire de la peinture, qui me les a révélées. Je vivais au milieu d’elles, et je ne les voyais pas. De la plage des Catalans où j’allais me baigner, je me souviens surtout de l’écume blanche des vagues agitées de mistral.

Les murs de l’école communale, le goudron de l’impasse où j’habitais, les volets des voisins et les nôtres, les roches alentour, les rebords des trottoirs, la voiture de mon père, son costume, tout cela était gris, ou d’un noir et blanc fortement contrasté. Jusqu’aux images du poste de télévision. Jusqu’aux photos de l’époque. Plus tard j’ai arpenté Marseille de long en large pour diverses activités professionnelles. Je crois pouvoir avancer qu’il n’y a pas un quartier où je n’ai pas mis les pieds. Les éblouissements, l’obscurité, le silence et le boucan de cette ville m’ont accompagné partout, de Callelongue aux Aygalades, d’Endoume à Château-Gombert, du Roy d’Espagne au Plan d’Aou.

Marseille n’a pas à proprement parler de centre, elle n’est que périphérie, une juxtaposition de récits interrompus. Son histoire n’est pas linéaire. Elle se fragmente, se superpose : Phocée glisse sous les scooters, les docks engloutissent les révoltes toujours promptes à éclater, les immeubles charrient encore l’odeur des départs coloniaux. S’il y a une homogénéité dans cette ville disparate, dans ces dizaines de villages réunis autour de ce qui fait office de centre minuscule et excentré, c’est bien celle de l’extrême intensité des reliefs, des perspectives, des lumières, des gestes et des voix. À Marseille, chacun, chaque lieu se tient à la pointe de lui-même et se livre avec une fougue teintée de méfiance.

Extrait de Marseille, Christian Garcin — L’Arbre qui Marche éditions, 2026

Une ville, un auteur, cinq itinéraires
Des romanciers nous guident dans une ville qu’ils connaissent bien. Nous découvrons ce qu’elle a d’unique, et qui prend des années à comprendre. Les sens s’aiguisent. Les lieux prennent du relief. Comme si la réalité était augmentée.

Voir plus, voyager mieux

~ Un récit pour tout comprendre
~ 5 itinéraires pour l’expérience
~ Une infographie insolite

  • PARUTION 16/04/2026
  • 12 x 18 cm – 144 pages
  • Version papier : 13,90 €
  • EAN13 : 9789998780194
  • Version numérique : 6,99 €
  • EAN13 : 9782919841080